Le site photo de Jean-Jacques MILAN


Powered by X-Recherche

Ce blog a été créé très récemment pour remplacer la page "Humeurs"


et il évoluera au fil... de mes humeurs, justement.


Dites-vous bien que mon potentiel d'indignation n'a pas de limite.

 

Vous trouverez ici, entre autres, des documents d'origines variées, polémiques ou non,

avec lesquels je ne suis pas toujours entièrement d'accord

mais qui posent de vrais problèmes

et sont susceptibles de vous faire réfléchir, réagir,

ou voter autrement la prochaine fois !


Fouillez donc dans ce joyeux désordre et n'hésitez pas à me faire part de vos pensées intimes !

Inondations

11/22/2018

On apprend régulièrement que tel ou tel cours d'eau est sorti de son lit... c'est du moins l'idiotie que répètent en boucle presque tous les journalistes.

Un jour, un de mes étudiants, ivre de fatigue après une nuit de bizutage, s'est endormi sur sa table pendant un de mes cours. J'ai dit aux autres, eux aussi en triste état, que leur collègue devait rêver d'être une rivière. Perplexité de l'assistance...


C'est que les rivières peuvent suivre leur cours sans sortir de leur lit !


Mais on apprend régulièrement que tel ou tel cours d'eau est sorti de son lit... c'est du moins l'idiotie que répètent en boucle presque tous les journalistes.


Évidemment non, quel que soit son débit, un cours d'eau coule toujours dans son lit, c'est-à-dire là où le flot peut perdre de l'altitude aussi vite que possible, conformément aux lois de la physique ! Et bien sûr, plus la perte d'altitude est rapide, plus la vitesse du courant est importante et plus on déplore de dégâts.


  • Les Anciens n'étaient pas à l'abri des erreurs et des mauvaises estimations mais ils prenaient grand soin de ne pas établir leurs bâtiments trop près des cours d'eau ou des zones susceptibles d'être atteintes par les marées. Lorsqu'il était inévitable d'avoir de temps en temps "les pieds dans l'eau", on habitait les étages. Aujourd'hui, des crétins autorisent la construction dans les "zones inondables", c'est-à-dire dans le lit des rivières, de maisons préférence de plain-pied, et si possible avec un sous-sol.


  • Le remembrement a supprimé les haies qui non seulement abritaient une faune et une flore très riche, mais permettaient aussi de freiner le ruissellement de l'eau lors de pluies importantes. Ainsi, les crues étaient moins brutales, l'érosion des terres agricoles était moindre et l'infiltration de l'eau dans le sol permettait un renouvellement plus efficace des nappes phréatiques. De même, l'écoulement brutal des eaux est favorisé par le bétonnage et le goudronnage des immenses parkings et autres zones industrielles ou commerciales qui ont remplacé les cultures maraîchères à la périphérie des villes.


  • En "redressant" et en endiguant trop étroitement les cours d'eau petits ou grands, on détruit les frayères qui permettent la reproduction des poissons et on augmente la vitesse d'écoulement de l'eau, ce qui favorise les crues brutales.


Pas grave tout ça, "l'assurance paiera" ; c'est-à-dire, évidemment, les couillons d'assurés, vous et moi.

Cavanna, Hara-Kiri n° 73 du 22 juin 1970 Les valeurs perdues d'Edwy Plenel