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c'est pourquoi j'ai ouvert en plus une liste de liens que je m'efforce de classer par rubriques  :

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Appel à la nationalisation de Luxfer

04/20/2020

"Il y a un risque de pénurie en bouteilles d’oxygène", estime André Chassaigne

Signataire de notre appel pour la nationalisation de l’usine Luxfer à Gerzat en Auvergne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, élu du Puy-de-Dôme, vient de demander la réquisition du site au Premier ministre, Édouard Philippe. Voici pourquoi.

 

Franck Dedieu, Marianne, 21 avril 2020

 "Nous sommes à un croisement politique", estime André Chassaigne.

 

 

C'était il y a presqu'un an : en mai 2019, le groupe britannique Luxfer, avait fermé le site de Gerzat dans le Puy de Dôme, et licencié ses 136 salariés. Cette fermeture avait signé la fin des bouteilles d'oxygène à usage médical utilisées par les hôpitaux et les sapeurs-pompiers produites par l'usine. Mais en pleine crise du coronavirus, devant l'impérieux besoin pour le pays de relancer sa production, les salariés se disent toutefois prêts à revenir dans les ateliers pour remettre les machines en route. Et, faute d'accord avec l'actionnaire britannique, ils demandent la nationalisation de leur outil de production. Nous soutenons une telle démarche, notamment à travers une pétition disponible ici. Signataire de notre appel pour la nationalisation de l’usine Luxfer à Gerzat en Auvergne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, élu du Puy-de-Dôme, vient de demander la réquisition du site au Premier ministre, Edouard Philippe. Voici pourquoi.

 

 

Marianne : Pourquoi demander directement à Edouard Philippe la réquisition du site par l’Etat après en avoir demandé la nationalisation ?

 

André Chassaigne : Cette usine est la seule dans l’Union européenne à fabriquer des bouteilles de gaz à haute pression indispensable à l’oxygénation des malades. Elles sont utilisées en ambulances, dans les hôpitaux de campagne et même par les pompiers. Ces bouteilles sont rechargeables mais elles ne doivent pas dépasser une durée de vie. Or, les syndicats gaziers viennent d’obtenir du gouvernement la possibilité de dépasser la date limite. Ces bouteilles peuvent porter en elles des copeaux métalliques ou des fissures de nature à faire courir un risque sanitaire. Au-delà de cette dérogation, un autre problème de souveraineté se profile : il y a un risque de pénurie en bouteilles d’oxygène. Le stock était évalué à 20 000 unités en début de crise. Or, la fermeture de cette usine contraint la France à en importer. Rien ne dit que – à l’instar des masques – les pays producteurs ne réserveront pas à leurs concitoyens l’usage de ces bouteilles vitales.

 

 

Mais, le gouvernement peut-il d’autorité réquisitionner un site propriété d’un groupe britannique ?

A.C : Oui. Il vient même de se le permettre avec sa loi d’urgence du 23 mars 2020. L’article 2 confie aux Pouvoirs publics le droit « d’ordonner la réquisition de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ». Dans un deuxième temps, viendra la question de la nationalisation du site. Il peut y avoir d’autres pistes avec un repreneur mais aussi avec les salariés à travers la mise en place d’une Scop. Quant au véto de Bruxelles, l’expérience montre que la volonté politique peut dépasser le règlement européen. La capacité à faire face au Covid-19 l’emporte sur des considérations de droit et l’État doit se doter des moyens d’y faire face. L’argument européen sert souvent à justifier soit l’inaction, soit la marche en avant vers la privatisation de tous les pans de l’économie.

 

 

Dans notre appel, votre signature voisine avec celles de l’ancien Ministre socialiste Arnaud Montebourg, de l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy Henri Guaino et du centriste Jean-Luc Borloo. C’est l’Union sacrée ?

A.C : Sans oublier Fabien Roussel, secrétaire national du Parti Communiste. Nous sommes à un croisement politique, à un carrefour où peuvent se rencontrer et s’unir des républicains authentiques capables de faire front autour de l’indépendance économique et de la souveraineté nationale. Et dans ce cadre, par-delà les étiquettes, il faut pouvoir se rassembler pour que des productions névralgiques comme le site de Luxfer soient sous maîtrise publique.

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