Le site photo de Jean-Jacques MILAN


Powered by X-Recherche

Dites-vous bien que mon potentiel d'indignation n'a pas de limite.

 

Vous trouverez ici, entre autres, des documents d'origines variées, polémiques ou non,

avec lesquels je ne suis pas toujours entièrement d'accord

mais qui posent de vrais problèmes

et sont susceptibles de vous faire réfléchir, réagir,

ou voter autrement la prochaine fois !

 

Abeilles  -  Actionnaires  -  Additif alimentaire  -  Aedes albopictus  -  Âge pivot  -  Agriculture bio  -  Alstom  -  Amandes  -  Amazon  -  ANDRA  -  Anonymat  -  ANSM  -  Arnaques  -  Aspartame  -  Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT)  -  Attal  -  La Barthelasse  - Nicole Belloubet  -  BLACKROCK  -  Blasphème  -  Bruno Le Maire  -  Bure  -  Agnès Buzyn  -  Camembert  -  Capitalisme  -  Cellule Demeter  -  Censure  -  Centrale nucléaire  -  Certification  -  Les chiats et leurs propriétaires -  Chine  -  Chloroquine  -  Cigéo  -  Climat  -  Clochemerle en France  -  Compteur Linky  -  Confédération paysanne  -  Confinement  -  Conflit d'intérêts  -  Congé pour la perte d'un enfant  -  Conseil d’État  -  Contrat de travail  -  Copyright  -  Coronavirus  -  Cours d'eau  -  Ambroise Croizat  -  Darmanin  -  Déchets nucléaires  -  Jean-Paul Delevoye  -  Deliveroo  -  Démarchage téléphonique  -  Demeter  -  Gilbert Deray  -  Didier Desert  -  Dioxyde de titane  -  Dividendes  -  E 171  -  Empreinte carbone  -  Épargne  -  Espérance de vie en bonne santé  -  États-Unis  -  Fake news  -  Fièvre  -  FNSEA  -  Fonds de pension  -  François Salachas  -  Frontex  -  Gaza  -  Gendarmerie nationale  -  Glyphosate  -  Google  -  Greenpeace  -  Griveaux  -  Didier Guillaume  -  Hara-Kiri n° 73  -  Hôpital public  -  Soigner un hérisson  -  Hydroxychloroquine  -  IHU  -  Infiltrés  -  Inondations  -  Internet  -  Investissements -  ISDS  -  Islam  -  Israël  -  Justice d'exception  -  Lactalis  -  Lait cru  -  Laïcité  -  Larry Fink  -  Légion d'honneur  -  Lévothyrox  -  Yves Lévy  -  Libération  -  Libertés publiques  -  Loi Avia  -  Lois scélérates  -  Lubrizol  -  Luxfer  -  Emmanuel Macron  -  Mahjoubi  -  Malbouffe  -  Masques  -  Mediator  -  Médicaments  -  Merck  -  Migrants  -  Mila  -  Moustique-tigre  -  Mutilations génitales  -  Nationalisation  -  Néonicotinoïdes  -  Normandie  -  Onze septembre  -  Or  -  Oxygène  -  Pandémie  -  Paracétamol  -  Pensée politique  -  Pensions  -  Pénurie de médicaments  -  Perte de poids  -  Pesticides  -  Plantes médicinales  -  Plaquenil  -  Pollution  -   Valeurs perdues d'Edwy Plenel  -  Police aux frontières  -  Pollution  -  Porc contaminé  -  Privatisations  -  Prostate  -  Prud'hommes  -  Adrien Quattenens  -  Didier Raoult  -  Rats  -  Recherche médicale  -  Réforme des retraites  -  Religions  -  Réseaux sociaux  -  Ressources en eau  -  Retraites  -  Santé naturelle  -  Sécurité sociale  -  Ségolène Royal  -  George Soros  -  Steve, la faute du pouvoir  -  Sucre  -  Greta Thunberg  -  Thyroïde  -  Total  -  Travail dissimulé  -  Tricastin  -  Vaccins obligatoires  -  Ventes d'armes  -  Olivier Véran  -  

 

 

Fouillez donc dans ce joyeux désordre et n'hésitez pas à me faire part de vos pensées intimes !

 

Mediator : les premières leçons du procès

01/29/2020

Lettre de Frédéric Forge,

Nouvelle page Santé

 

publiée le 30 janvier 2020

Chers amis, 

 

Les médias en parlent peu. Il y a les grèves, la tempête en Espagne, la grippe chinoise. Pourtant, depuis le 23 septembre, se déroule au tribunal correctionnel de Paris un procès douloureux et inquiétant : celui du Mediator.

Il met en lumière, sous un jour peu favorable, toute la chaîne de décision aboutissant à la mise sur le marché puis au retrait de ce médicament qui aurait fait plus de 500 morts.

 Et jusqu’ici, ça fait peur.

 

 

Le plus grand scandale sanitaire depuis l’amiante

 

Les laboratoires Servier, mais aussi l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), sont jugés pour avoir permis que le Mediator soit vendu en France jusqu’en 2009, alors même qu’il avait été interdit ou retiré depuis de nombreuses années dans d’autres pays.

De 1976 à 2009, près de 5 millions de personnes ont pris ce médicament.

Les audiences se dérouleront jusqu’au printemps. Mais au cours des trois premiers mois, on a déjà appris beaucoup de choses.

 

En Italie, en Suisse, en Espagne : le système fonctionne

Entre 1998 et 2003, à la suite de signalements de médecins concernant les effets secondaires potentiels du benfluorex – la substance chimique active du Mediator - les autorités de santé de Suisse, d’Italie et d’Espagne adressent des demandes officielles aux laboratoires. Servier est sommé de clarifier la différence entre le mécanisme de fonctionnement du benfluorex et celui des fenfluramines.

Les fenfluramines sont des médicaments coupe-faim (comme l’Isoméride et le Pondéral, déjà commercialisés par Servier) retirés du marché en 1997, en raison de leurs graves effets secondaires. Or, on soupçonne le benfluorex d’avoir les mêmes effets, bien qu’il soit catalogué par Servier comme antidiabétique.

Réponse de Servier : aucune. Mais les laboratoires prennent d’eux-mêmes la décision de retirer leur médicament de ces trois marchés. Servier ne dit rien aux autorités françaises bien sûr, car rien ne l’oblige à justifier un retrait du marché. L’ANSM, bonne fille, ne pose aucune question au laboratoire.

 

 

Servier savait-il que le benfluorex était dangereux ?

 

Le benfluorex, molécule active du Mediator, et les fenfluramines sont « équivalents», affirme le Dr Frachon, à l’origine du scandale .

Les experts mandatés par le tribunal confirment qu’on savait dès 1969  que le Mediator était un anorexigène sévère – c’est-à-dire qu’il a un effet amaigrissant – et qu’il était proche des fenfluramines. Cela apparaît dans les études menées par les laboratoires Servier eux-mêmes.

Or, les risques liés aux anorexigènes deviennent connus dès les années 80. C’est probablement pour cela que Servier aurait fait en sorte que le Mediator soit classé comme antidiabétique, et non comme anorexigène.

« Si le Mediator avait été considéré comme un anorexigène, il aurait été retiré comme les autres anorexigènes en 1999. »

Après le retrait des anorexigènes en 1999, Servier aurait donc fait tout son possible pour dissocier le Mediator des anorexigènes. Une note interne du 15 novembre 1999, signée par l’ancien numéro deux de Servier, Jean-Philippe Seta, décrit la manière dont le Mediator devait être présenté aux médecins généralistes.

 

  • « Le Mediator et les fenfluramines empruntent des voies métaboliques bien distinctes. »

  • Ils ont « des activités pharmacologiques radicalement différentes. »

  • Leurs « structures chimiques sont fondamentalement différentes ».

  • « En conclusion, le Mediator se distingue radicalement des fenfluramines. »

Pourtant, Mediator et fenfluramines ont une parenté chimique manifeste : une fois ingérés, ils libèrent dans le corps la même dose d’une substance toxique, la norfenfluramine, la substance à l’origine des valvulopathies.

 

Les moyens entre la justice française et un labo sont disproportionnés

 

Ce n’est pas l’objet du procès, mais cela met en évidence le déséquilibre des forces en présence.

Les juges d’instruction ont mandaté trois scientifiques pour établir une expertise sur la nature et les effets du Mediator. Pour deux années de travail, et un rapport de 700 pages, largement défavorable aux laboratoires Servier, ces trois experts ont perçu 40 000 euros chacun, payés par la justice.

Lorsque des contre-experts ont été invités à témoigner par les laboratoires Servier, l’avocat des victimes, Me Charles Joseph-Oudin, leur a demandé systématiquement : « Combien avez-vous été rémunéré par Servier pour votre travail ? »

Donna Ryan, spécialiste de l’obésité américaine, qui explique que le Mediator ne pouvait être classé comme anorexigène, a reçu 600 euros de l’heure pour cette mission, et  77 200 euros au fil de sa carrière de la part du laboratoire. 

Même conclusion pour Judith Korner, spécialiste du diabète, venue de New York. Le Mediator n’était pas un anorexigène, puisqu’il ne produisait pas « une perte de poids d’au moins 10 % » – les critères de l’Agence européenne du médicament en 1997. Elle a été rémunérée 500 dollars de l’heure. Soit, pour cette mission, à peu près cinquante heures de travail selon elle, environ 25 000 dollars.

Une semaine de travail payée la moitié de ce que les experts judiciaires ont reçu pour deux années.

 

 

On a appris le coût d’une vie foutue en l’air

 

Michelle, qui a dû subir une double opération des valves aortique et mitrale, s’est vue proposer 37 000 euros par les laboratoires, qu’elle a refusés. L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) lui en a accordé 562 000 et quatre heures d’aide quotidienne à domicile.

Corinne, 58 ans, a été opérée d’une valve après avoir pris du Mediator pendant dix ans. Les laboratoires avaient estimé son indemnisation à 138 000 euros, l’ONIAM lui a en versé 415 000. Elle dort dans la chambre d’amis, car le bruit que fait sa valve artificielle réveille son mari. 

Les offres de Servier s’accompagnent, naturellement, d’une clause de confidentialité. Nous ne connaissons donc que les propositions qui ont été refusées par quelques témoins.

 

 

Le système de vigilance existait en France, mais il n’a pas fonctionné

 

« Toute personne qui voulait vraiment savoir ce qu’était le Mediator le pouvait» affirme le médecin Gilles Bardelay, qui a dénoncé l’inutilité du Mediator dès 1977 dans la revue Prescrire.

En 1999, alors que Servier pousse activement son médicament depuis l’interdiction des anorexigènes, un premier signalement d’un lien entre valvulopathie et Mediator est effectué, application à la lettre de la procédure de pharmacovigilance. Le Centre régional de pharmacovigilance (CRPV) fait son travail, juge « plausible » ce signalement, et le transmet à Paris.

Un mois après son signalement, le cardiologue qui en est l’auteur reçoit à son cabinet la visite... d’un délégué de Servier qui vient lui demander de le retirer.

Quelques mois plus tard, bizarrement, le signalement qualifié de « plausible » adressé à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps, devenue depuis Agence nationale de sécurité du médicament) est déclassifié en « douteux », sans que l’antenne marseillaise soit informée.

Des dysfonctionnements, comme on dit pudiquement, qu’on n’hésiterait pas à qualifier autrement si cela se produisait dans un autre pays que chez nous.

En l’espèce, l’Afssaps note qu’il est nécessaire d’attendre d’autres cas similaires pour confirmer le risque. Pourtant au même moment Servier retire le benfluorex du marché en Espagne et en Italie.

« Le doute profitait toujours au médicament. La vie du médicament était prioritaire sur la vie des malades », résume le docteur Anne-Carole Bensadon, la troisième experte judiciaire.

 

 

Et puis il y les gens courageux

 

La Dr Irène Frachon, spécialiste d’une maladie très rare, l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP). Comme elle  souffre de ne pouvoir guérir tous ses patients, elle  s’acharne à comprendre pourquoi des cas de plus en plus nombreux lui sont signalés -et découvre la première l’hypothèse du lien entre HTAP et Mediator.

Le médecin Georges Chiche, le cardiologue marseillais auteur du premier signalement, qui connaît l’étude publiée du New England Journal of Medicine établissant le lien entre HTAP et consommation d’anorexigènes. Constatant l’absence de réaction des autorités, il agit localement, lançant l’alerte à tous les patients souffrant d’une fuite aortique inexplicable… et se fait tancer par ses collègues.

Et il y a tous les malades, ou parents de victimes,  Annie, Lisa, Michel, Dominique, Odette, Patricia, etc. qui ont le courage de venir témoigner, avec deux attentes aussi fortes l’une que l’autre : que les responsables soient punis, et qu’un tel gâchis ne puisse plus se reproduire.

 

 

P.S. Le geste simple que vous pourriez faire aujourd’hui ? 

Si vous avez pris du Mediator, même pendant quelques semaines, vous trouverez les réponses à toutes vos questions sur le site de l’ANSM, en particulier ici que ce soit en matière de suivi médical ou de demande d’indemnisation.

Si vous voulez suivre en détail ce procès, les journalistes Pascale Robert-Diard et Henri Seckel tiennent une chronique remarquable dans Le Monde.

Coronavirus : honte aux grands médias Acte d'accusation