Chers amis,

 

Chaque « catastrophe » sanitaire a désormais une voie médiatique tracée :

 

  • la montée en puissance du sujet dans les grands médias ;
  • l’installation d’un sentiment de peur, où l’imminence et l’imprévisibilité du danger dominent ;
  • l’entrée en scène des complotistes.

C’est exactement ce qui se passe pour le coronavirus qui sévit actuellement en Chine, où nous en sommes déjà… à la troisième étape !

 

 

Du pain béni pour les cerveaux torturés

 

Depuis quelques jours, on assiste en effet à la diffusion d’une « théorie » sur l’origine de ce nouveau virus.

 

On pensait jusqu’ici que le virus était parti du marché de Wuhan, la ville chinoise qui est l’épicentre de la contagion.

 

Une étude publiée par la revue scientifique the Lancet mentionne cependant que 14 des 41 premiers cas n’ont pas pu contracter la maladie à cet endroit précis[1].

 

Les complotistes de tout bord s’y sont allègrement engouffrés.

 

Le virus serait une création des Chinois et se serait « échappé » d’un laboratoire dans lequel il aurait été conçu dans le plus grand secret.

 

On dirait la description d’un James Bond du dimanche soir :

 

« Un mystérieux virus chinois fait des centaines de morts. Les services secrets britanniques envoient leur meilleur agent pour savoir si le virus s’est échappé d’un laboratoire chinois… Jusqu’à ce qu’il découvre la vérité… encore plus effroyable ! »

 

J’ai lu une autre théorie qui accuse l’industrie pharmaceutique d’être derrière la propagation de ce virus… pour écouler des vaccins déjà conçus, préparés dans le plus grand secret !

 

 

Une théorie issue d’une secte d’extrême-droite

 

Prendre la défense des grands médias, c’est rare chez moi, mais pour une fois, ils ont fait leur travail vite et bien, à savoir :

 

  • dénoncer ces théories complotistes ;
  • dire pourquoi elles sont farfelues ;
  • identifier ses auteurs (en l’occurrence : les membres de Moon, une secte d’extrême-droite américaine).

Je vous invite à lire les décryptages de L’Express[2] ou du Parisien[3] (liens ci-dessous dans les sources), ils sont suffisamment clairs.

 

Pour ma part, une autre chose m’inquiète dans cette affaire, dont je veux vous parler. 

 

 

La fin ne justifie pas les moyens

 

Ces théories farfelues ont été relayées par des messages envoyés par e-mail (vous en avez peut-être reçu) de personnes prétendant « défendre la santé naturelle ».

 

Courant janvier, l’un de ces « défenseurs » a fait – sur le mode « je vous l’avais bien dit ! » – un amalgame entre le coronavirus et le danger des nouvelles infections antibiorésistantes venues de Chine.

 

C’est absurde.

  • Oui, il y a des bactéries venues de Chine, comme Klebsiella, dont le danger vient de ce que les antibiotiques traditionnels sont impuissants à les éradiquer.
  • Mais le coronavirus… c’est un virus comme son nom l’indique ! Et un virus ne se soigne pas avec des antibiotiques.

Je vous avais parlé de la bactérie Klebsiella avant tout le monde, si vous vous en souvenez, en août 2018 dans le numéro 143 d’Alternatif Bien-Être.

 

Les deux sujets n’ont absolument rien à voir, hormis la Chine. 

Confondre les deux quand on prétend écrire sur la santé est soit de l’incompétence ou soit du cynisme. Probablement un peu des deux.

 

Un autre de ces « défenseurs » a, lui, relayé la théorie de la secte Moon sur ses réseaux, en disant que cette thèse n’était pas prouvée, mais en tournant les choses de façon à en convaincre ses lecteurs (dans la plus pure tradition sophiste) !

 

 

Comment décrédibiliser la santé naturelle

 

Je vois un danger dans ces manipulations.

 

La « santé naturelle » n’a pas toujours bonne presse auprès des grands médias et des appareils d’état, c’est peu de le dire.

 

Les personnes sérieuses et sincères qui la défendent sont souvent mal vues : elles sont rangées dans la catégorie « dangereux énergumènes faisant plus de mal que de bien » parce qu’elles appuient là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les dangers d’une approche médicale ne jurant plus que par les médicaments chimiques.

 

Je ne suis absolument pas contre les vaccins, je demande à ce que les dangers liés aux adjuvants dans les vaccins, par exemple, soient pris au sérieux. Comme le fait d’injecter 11 vaccins à des nourrissons sans étude de toxicité préalable.

 

De même, si nous sommes nombreux à promouvoir la nutrithérapie ou le jeûne comme approche anti-cancer, nous ne sommes pas de « dangereux énergumènes » voulant remiser au placard les traitements classiques (comme la radiothérapie ou la chimiothérapie).

 

Nous sommes soucieux de défendre des méthodes ayant fait la preuve de leur efficacité, souvent sans effets secondaires, mais systématiquement ignorées des circuits classiques de la médecine.

 

Le travail de diffusion et d’information sur tous ces sujets est extrêmement difficile.

 

Car :

 

  • le grand public n’a en général pas accès à ces informations ;
  • les intérêts financiers derrière la médecine allopathique sont gigantesques, et font tout pour restreindre l’usage des médecines douces et l’accès aux études prouvant leur efficacité.

 

Bref, pour le dire simplement : c’est une noble cause, mais difficile à défendre, et qui demande beaucoup de courage et de rigueur.

 

Alors, quand certains auteurs prétendant défendre la santé naturelle relaient (ou même créent de toutes pièces) des informations fantaisistes pour « se faire mousser » ou vendre leurs produits, ça me met en colère.

 

Nous n’avons pas besoin de ça !

 

Oui, il y a des farfelus et des cyniques qui prétendent que l’on peut guérir d’un cancer en prenant une tisane (j’ai encore lu ça récemment, chez un « confrère » à l’éthique décidément au ras des pâquerettes).

 

Mais surtout, il y a celles et ceux qui défendent avec sérieux une approche naturelle de la santé, basée sur la science.

 

J’espère que vous avez compris à quelle catégorie je fais, chaque jour, l’effort d’appartenir !

 

Portez-vous bien,

 

Rodolphe

 

 

[1] « Clinical features of patients infected with 2019 novel coronavirus in Wuhan, China », étude parue le 14 janvier 2020 dans le journal en ligne The Lancet (consulté le 6 février 2020), disponible sur : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30183-5/fulltext

[2] Delbecque C., « La Rolls des théories du complot, pourquoi les virus passionnent les conspirationnistes », article publié le 27 janvier 2020 dans L’Express (consulté le 6 février 2020), disponible sur ce lien : https ://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-rolls-des-theories-du-complot-pourquoi-les-virus-passionnent-les-conspirationnistes_2116491.html

[3] I. P, « Coronavirus 2019-nCoV : ces spéculations et théories du complot qui émergent », article publié le 27 janvier 2020 sur Leparisien.fr (consulté le 6 février), disponible sur : http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-2019-ncov-ces-speculations-et-theories-du-complot-qui emergent-27-01-2020-8245332.php